Desire

La fraîcheur de la nuit me gagne avec une quiétude appréciée. J’essaie de revoir tous les événements de ces trois derniers jours…

Un très important fut le mariage de Damiano. Voir un colosse se fondre dans le bonheur en s’étranglant d’émotion au son d’une simple phrase. De voir un ami dans un moment heureux c’est pour moi un repère, un plaisir de trouver un ordre souhaité.

Ce fut aussi l’occasion de revoir toute la clique. Une grand table à s’enivrer de vin et à se rappeler les bons souvenirs et de préparer les suivants. Toujours des projets je retrouve en beaucoup cette volonté indéfectible de progresser de changer le monde. Parfois je me demande si (en dehors de la fête) ce n’est pas cette valeur qui nous unit.

Comme pour placer ces événements dans un écrins, il y eu les heures de voyage avec Jorge et Chantal. Même les instants les plus simple peuvent être transformés. Je me souviens du coussin de Chantal qui a chaque fois qu’elle le gonflait me faisait pouffer de rire. Pourquoi ? Je ne sais pas, c’est comme quand je souffle un bougie, souvent je me rate en riant. J’adore aussi parler mode avec Jorge, il aurait pu être designer italien avec ses chemises noires.

Et puis il y a les autres choses, ce que j’aime appeler les impondérable pour y jeter un dédain de circonstance. J’ai terminé le week-end aux urgences à me découvrir un nouveau mal : celui des médecins qui ne savent pas ce que j’ai.

Devant la panique des autres je me suis retrouvé à faire mon bilan. Je n’aurais pas imaginé être posé. Mais finalement j’ai pu dire ce que je cachais, montrer aux gens que je les aimais et faire les choix dont j’avais envie (avec beaucoup d’aide). Le seul regret : le temps que j’ai pu prendre à me décider, à terraformer (un peu) ma vie. Comme on ne démarre pas avec les mêmes cartes en mains.

Ce soir j’ai pris un grand moment au téléphone avec Sandrine. Ca fait partie de mes plaisirs avec les petits cafés (que nous prenions souvent à Renens) et les beaux mots de quelques auteurs. Tiens d’ailleurs Sandrine a cité Bénabar le bonheure ça s’trouve pas en lingo mais en p’tite monnaie….

On a terminé sur une question. Comment dire… À vingt-deux ans je demandais à ma maman comment c’est quand on est amoureux. Maintenant j’ai goûté à la profondeur du sentiment, à l’abîme de situations. Les effluves en m’étreignant produisent le désir. Un désir doux comme une nuit d’été et triste comme le départ d’un ami.

Tellement fort et tellement pesant que j’ai beau penser à toute les drogues ; aucune ne semble pouvoir m’en éloigner. Heureusement ils restent les autres et mon espoir de changer le monde.


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